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3 février 2016

Critique #30 : Watch Dogs — Souriez, vous êtes filmés !


Watch Dogs : Dark Clouds

JOHN SHIRLEY

Lumen, 7 mai 2015

Amazon / Booknode


Mick Wolfe est un ancien militaire qui a failli laisser sa vie et sa réputation en Irak, où il a été témoin par l'intermédiaire d'un drone d'un vol spectaculaire de billets de banque par un petit groupe d'officiers sans scrupules. De retour à la vie civile, il cherche à blanchir son nom mais se retrouve confronté à la Blume Corporation, l'entreprise tentaculaire qui a mis au point le ctOS, l'infrastructure de caméras de surveillance de la ville de Chicago. Une vieille connaissance, Aiden Pearce, le légendaire hacker qui a mis au pas une bonne partie des gangsters de la ville, lui prête main-forte. Armé d'une partie de ses capacités de hacking, Mick va, seul contre une entreprise puissante et sans scrupules, tenter de rétablir son honneur sans y laisser la vie dans les bas-fonds inquiétants d'un Chicago où les autorités espionnent tout le monde. Une course contre la montre en forme de chasse à l'homme commence !
Dans Watch Dogs : Dark Clouds, retrouvez l'univers sombre et hyper-connecté de la nouvelle licence-phare d'Ubisoft, Watch Dogs ! Action, cybercriminalité et hautes technologies : suivez pas à pas dans sa descente dans les entrailles de Chicago un hacker solitaire confronté à un défi mortel.




J’ai entendu parlé de « Watch Dogs » lors de sa sortie en jeu vidéo. Pour l’anecdote, le trailer avait beaucoup fait parler en raison des graphismes WAHOU et puis quand le jeu est sorti, ça a fait pschiiiittt parce que le jeu n’était pas aussi beau que prévu, entre autres choses.
J’ai déjà tenté la lecture de ce roman. À l’époque, je n’avais pas joué au jeu et ce n’était vraiment pas une bonne période pour moi, je lisais peu et je n’ai pas réussi à plonger dans le roman comme il se doit alors j’ai interrompu ma lecture dans l’espoir de la reprendre plus tard. Et nous voici donc plus tard, je n’ai toujours pas joué au jeu (mais il est dans ma pile de jeux à faire, et elle est longue… mais longue) mais j’ai eu envie de me replonger dans ce roman qui, comme je viens de le comprendre, est une histoire tout à fait indépendante qui se situe dans l’univers du jeu vidéo. Let’s crack !

Je ne connais pas le traducteur, et c’est bien dommage, mais je connais John Shirley, ce n’est pas un débutant et j’ai lu de très nombreuses adaptations de sa plume. Et je dois avouer qu’il est bougrement efficace pour s’approprier un univers et en faire un roman stylé, bien construit et riche. C’est le cas ici.
Le roman est à la troisième personne et au passé, on y suit au moins six ou sept personnages différents mais on s’attarde naturellement beaucoup plus sur Mick Wolfe et Aiden Pearce. Ça fait très Hollywood tout ça, mais franchement, c’est très cool.

Mick Wolfe, ou Mickey (pour les prostituées ^^), est un ancien militaire renvoyé après un scandale dans l’armée. Il a toujours plaidé non-coupable et est persuadé d’avoir été manipulé. C’est un personnage relativement attachant à condition d’apprécier son tempérament : je fonce d’abord et je pose les questions après. Autrement, il est débrouillard, franc du collier et possède un sens de l’humour très agréable. Mais sincèrement, « 25 ans » ? Naaaaah, plutôt trente ou trente-cinq vu de l’extérieur ! Hum, Bref.
C’est clairement Mick le personnage principal, il commence par vouloir laver son nom et se retrouve à pourchasser les membres d’une terrible société secrète aux idées politiques bien tranchées et aux bras très longs, si vous voyez ce que je veux dire. En gros, il devient les bras et les jambes d’Aiden Pearce.
Le fameux hacker. Je pense qu’il est tellement habitué à obtenir ce qu’il veut que son égo en a pris un sérieux coup, surtout avec son passé… mais il n’en reste pas moins attachant. Beaucoup moins drôle que l’ex-militaire très porté sur le whiskey, mais distrayant, à sa manière. Dès le début, il est comme… handicapé, vous verrez bien, et il doit donc se reposer, en partie, sur Mick pour accomplir certaines tâches ingrates. Il est du genre autoritaire, tête brûlée et phobique du contrôle, mais j’imagine que c’est naturel dans sa position. Le duo avec Wolfe marche magnifiquement bien, mais vraiment, j’aurais pu lire encore cinq cent pages comme ça, sans m’en rendre compte et avec plaisir.
Et pour compléter ce duo improbable, on retrouve la belle Seline (*œillade complice*), ancienne Marines qui a démissionné après avoir découvert un vaste complot directement lié à l’affaire de Mick (et accessoirement la mort d’une amie à elle). Elle aussi est un peu : Fonce dans le tas, mais elle va apporter une aide précieuse à Mick, et plus si affinités.
Et on retrouve bien sûr la bande de vilains : Starling, Tranter, Van Ness, Verrick et j’en passe. Que des trouducs (je vous jure) corrompus, tout à fait crédibles et souvent grotesques par leur marginalité. N’empêchent qu’ils sont vraiment méchants et prêts à tout pour se faire encore plus de pognon et obtenir plus de pouvoir. Avec ces gens-là, il n’y a pas de manière douce.

Autant la première fois je n’ai pas pu me plonger dans l’histoire, autant là, je n’ai au aucun problème à m’y projeter. Ça reste un scénario assez classique sur une société corrompue et de vilains méchants qui font régner la terreur (Y a qu’à voir la tête des types qu’ils soudoient), mais qui va plus loin en proposant un point de vue novateur avec une ville où tout est filmé et centralisé en un seul système de surveillance, le ctOS. Du coup, c’est normal que ça attire un hacker, et particulièrement compétent qui plus est. Grâce à son « PearcePhone » (Devinez qui l’a inventé ?), Mick peut contrôler les caméras, les comptes en banque, les drones et tout ce qui lui passe par la tête. C’est grisant et sincèrement, ça ne donnerait pas un super scénario de cinéma ?
Mais bon, je redescends sur Terre.
La fin est juste comme je m’y attendais et je suis très satisfaite, j’en espérais pas autant. Une vraie fin, complète et qui peut même réserver une petite révélation pour ceux qui n’aurait pas vu les signes.



— Le duo Mick & Pearce.

— L’univers anticipatif très bien présenté et détaillé.

— La plume de John Shirley, même si, et je le regrette, il ne soit fait aucune mention du traducteur…


J’admets : je suis conquise. En fait, j’en redemande même. J’ai envie de vivre d’autres aventures dans cet univers au côté d’Aiden Pearce. Ça fonctionne tellement bien que ce serait dommage d’en rester là. C’est rythmé, très bien écrit et les personnages sont très attachants, avec une véritable personnalité. Je n’ai qu’une envie, c’est de me jeter sur le jeu. Ce que je vais probablement faire très bientôt, pause lecture oblige. Mais j’espère vraiment qu’Ubisoft n’en restera pas là avec cette idée. J’ai, très égoïstement, envie de lire d’autres romans avec le Vigilante, parce que c’est original, ça m’a beaucoup plu et je pense que ça ferait une super saga. Maintenant, ça reste une histoire originale tirée d’un jeu vidéo qui a provoqué quelques polémiques. Je ne sais même pas si Ubisoft sortira une suite mais j’espère que si, comme ça on aura peut-être un autre roman. Oui, je sais. Je rêve… ^^"
En tout cas, je conseille à tous, même à ceux qui n’ont pas joué au jeu (comme moi), c’est une histoire totalement indépendante qui sait se faire apprécier. La coquine…

Edit 11/02/2016 : J'ai enfin pu me faire une grosse session Gaming (Merci vacances...), et je viens de terminer le jeu sur PC.
Et franchement, c'est pas mal du tout. Certains aspects techniques sont vraiment frustrants et agaçants, comme la conduite des voitures, de vraies savonnettes ! Mais je me suis bien amusée dessus, même si je me rends compte maintenant que le scénario du jeu n'est finalement pas aussi sympathique que celui du roman, les personnages secondaires ne sont pas aussi travaillés et même l'attitude de Pearce est un peu différente. J'aime bien le Pearce du roman, mais je ne suis pas sure d'apprécier celui du jeu... ^^
Après je sais que le roman se situe après les événements du jeu, donc Pearce a un peu évolué entre deux.

J'attends les prochaines nouvelles d'Ubisoft concernant la suite du jeu vidéo avec impatience, pour voir s'ils vont corriger les défauts du premier, n'empêche que ça rehausse encore plus mon excellent sentiment autour du livre, John Shirley a très bien tiré parti des éléments du jeu pour offrir une expérience littéraire authentique et jouissive !



Je veux mon PearcePhone !



3 commentaires:

  1. J'ai pas mal entendu parler du jeu. J'ai une amie qui était fan et qui m'a fait une démo et tout... mais je savais pas qu'ils avaient sorti une série (ou du moins un tome) dérivé de ça.
    Sur le principe c'est assez cool. T'as l'air d'avoir bien aimé, à voir si je tombe dessus un jour alors ^^

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    1. Effectivement, j'ai craqué. Encore un roman discret qui cache bien son jeu, les meilleurs 13.90 € de 2015, sans regrets ;-)
      Visiblement, Ubisoft a confirmé la sortie d'un deuxième opus vidéoludique, donc j'espère vraiment beaucoup tout plein qu'ils sortiront, par la même occasion, un autre livre. Wait & See...

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  2. John Shirley est connu pour s'approprier les histoire de jeu vidéo et de rendre le tout intéressant! Ma prochaine lecture de lui sera surement Bioshock, j'adore les jeux vidéos!
    Au niveau de l'univers de Watch Dog, John Shirley l'a très bien reconstruit, l'histoire est simple, pleine de rebondissement, digne d'un jeu vidéo et c'est suffisant :)

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