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17 avril 2016

Critique #52 : Alienated — L'eihr de rien, ça se lit tout seul


Alienated
(Alienated #1)

MELISSA LANDERS

Disney-Hyperion, 4 février 2014
Uniquement disponible en anglais

Amazon / Goodreads


Il y a deux ans, les extraterrestres ont établi le contact. Maintenant Cara Sweeney va devoir partager sa salle de bains avec l’un d’entre eux.

Choisie pour le premier échange scolaire avec un L’eihr, Cara pense que son futur est tout tracé. Non seulement elle pourra aller dans l’université de ses rêves, mais elle pourra également obtenir de précieuses informations, sur les mystérieux L’eihrs, auxquelles tous les journalistes tueraient pour avoir accès. Le blog de Cara est sur le point d’exploser ses vues.

Pourtant, Cara n’est pas sure de savoir quoi penser de sa rencontre avec Aelyx. Les humains et les L’eihrs ont presque le même ADN, mais Aelyx – froid, exaspérant mais brillant – ne pourrait pas paraître plus extraterrestre. Elle est cependant sure d’une chose, aucun garçon humain n’est aussi beau à regarder.

Mais lorsque les camarades de classe de Cara sont touchés par la paranoïa anti-L’eihr, Midtown High School devient un endroit dangereux. Des petits mots menaçants sont glissés dans le casier de Cara, et un officier de police doit l’escorter avec Aelyx pour aller en classe.

Cara finit par trouver un allié auquel elle ne s’attendait pas. Elle réalise qu’Aelyx n’est pas seulement un ami, elle est également en train de tomber amoureuse de lui. Mais Aelyx a caché le véritable but de cet échange, et cela pourrait avoir des conséquences mortelles sur les humains. Cara devra lutter pour sa propre vie, pour celle du garçon qu’elle aime, mais aussi pour le futur de sa planète.
(traduction personnelle)




J’avais à peine refermer le dernier tome de la série « The Taking » que j’avais déjà envie d’en lire une autre sur le même thème, et j’avais beaucoup entendu parler du premier bouquin d’« Alienated » alors je me suis naturellement lancée dans cette lecture, même si j’avais un peu peur de lire la même chose, mais avec des protagonistes différents.

Le roman est au passé, à la troisième personne du singulier et centré essentiellement sur Cara, avec quelques passages au profit d’Aelyx.

Cara est une adolescente qui correspond en tout point au stéréotype de la parfaite jeune fille, première de sa classe, brillante sans être non plus Einstein mais qui reste promise à un brillant avenir. Élève en Terminale, elle s’est fait une sorte de Career Plan qu’elle entend bien suivre à la lettre, pour obtenir son diplôme dans la meilleure université, décrocher un super job, probablement comme journaliste et vivre aisément. Même si ce qui l’intéresse le plus, c’est surtout sa future place dans la société. Certainement pas en bas de l’échelle si vous voyez ce que je veux dire. En dehors de ses exigences professionnelles un poil extravagantes, Cara reste une adolescente, et même si elle n’est pas du genre à se laisser submerger par ses hormones, elle aime faire la fête avec sa meilleure amie : Tori, une latino au caractère bien trempé mais notoirement xénophobe, et passer du temps avec son beau gosse de petit ami capitaine de l’équipe de foot du lycée : Eric. Un autre xénophobe notoire.
Avec tout ça, on se demande comment sa famille (et elle) peut se retrouver à participer à un programme d’échange avec des L’eihrs (la race alien) ? Tout simplement parce que lesdits aliens ont gentiment proposé un médicament qui a guéri le cancer de la mère de Cara. Rassurez-vous, pas de grande révélation ici, c’est d’ailleurs un point qui est immédiatement expliqué. C’était juste pour vous donner un peu le contexte…
Et donc en face, on a Aelyx. Au début, j’ai cru que ce n’était pas un être vivant mais une espèce de cyborg tant il était froid, distant et qu’il parlait comme un robot, toujours en termes d’efficacité et d’’utilité. Mais au fur et à mesure des chapitres, j’ai fini par l’apprécier, parce que ce bougre de L’eihr est bien plus humain qu’il ne veut bien l’accepter, même s’il commet plus d’impairs que Cara ne pourra jamais en faire vis-à-vis des L’eihrs.
Aelyx n’est pas le seul à venir pour un échange (J’ai repensé au programme Erasmus et j’ai bien ri), il est accompagné par ses deux amis de toujours : Syrine et Eron. Les deux sont comme des frères et sœurs pour lui et tous trois sont LOIN LOIN, très LOIN d’être emballés par cet échange. Pas comme Cara qui voit ça comme une opportunité pour ses futures études. Sérieusement ? Oui, et plutôt deux fois qu’une.
Syrine et Eron ne sont pas très présents dans le roman mais juste assez pour mettre le feu aux poudres, si je puis dire, et ajouter un peu de piment au plat, si je puis en rajouter encore une louche.
Quoi qu’il en soit, on passe l’essentiel du roman avec Cara et Aelyx, et leur histoire d’amour qui met un temps fou à se mettre en place, je vous laisse deviner pourquoi, et même si j’aime les histoires d’amour dans ce genre de roman, c’est même ce que j’attends implicitement, ici, c’est un peu trop face, trop entendu, trop consensuel. Très vite ça devient : Cara et Aelyx contre le reste du monde et ça m’a un peu ennuyée.

Cela étant dit, concernant l’histoire, l’intrigue, le déroulement, et cetera, et cetera, je trouve que c’est assez sympathique. Ça ne casse pas trois pattes à un canard dans la mesure où l’on devine malheureusement très tôt ce qu’il va se passer dans le roman, même pour quelqu’un comme moi qui ne voit jamais les signes. Il y a de l’humour et une certaine part d’originalité. Par exemple : Cara tient un blog, sur sa vie au jour le jour en cohabitation avec un L’eihr, et on a le droit à tout un tas de jeux de mots très bien trouvés avec le terme « L’eihr », impossible pour moi de vous les retranscrire fidèlement, barrière de la langue oblige. Mais dans la langue de Shakespeare, c’est tordant. Vraiment.
Dans l’ensemble, l’idée des L’eihrs est plutôt bonne, mais manque de travail pour être vraiment convaincante. Ça fait même un peu rire, en fait.



— Beaucoup d’humour…

— Aelyx signe quelques très bons jeux de mots (meilleurs encore que ceux de Cara sur son blog)

— Un développement fluide et agréable.

— …même si des fois ce n’est pas le but recherché.

— Cara est censée être une Top Student, alors pourquoi ne fait-elle que des bourdes ? Sans parler des âneries qu’elle nous sort des fois…

— Un gloubi-boulga de stéréotypes…


J’ai deux choix ; soit le noter durement parce que ça manque de profondeur et qu’on pourrait se lasser de tous ces clichés, soit le noter avec plus d’indulgence pour ce qu’il est : une lecture légère mais agréable. Et je choisis la deuxième option.
Malgré l’aspect un peu superficiel (Mini euphémisme) de l’histoire, j’ai lu ce roman d’une traite et jusqu’au bout, en savourant sa faim prévisible mais avec un joli cliffhanger. Alors je me dis, pourquoi pas ? Le charme finit par opérer après tout. En fait, c’est typiquement le genre de bouquin qu’on se lit entre deux romans plus denses… je pense…
Je conseille pour les fans de ce genre d’histoire, même si, pour le coup, il y a mieux dans le genre. Ça se lit assez facilement à condition d’être à l’aise avec de l’anglais très familier.



C'est léger mais ça fonctionne



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