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2 mai 2016

Critique #61 : Le roi sombre — Une histoire de corruption, de vengeance, d'amitié, d'amour...


Le roi sombre

OREN MILLER

L'Homme Sans Nom, 1er mars 2015

Amazon / Booknode


« Maintenant, il faut souhaiter qu’il meure vite. »

Mais les souhaits, par pur esprit de contradiction, se réalisent rarement et Ed ne meurt pas. Condamné à l’isolement à vie dans la pire des prisons spatiales pour un crime qu’il n’a pas commis, le jeune homme agonise lentement et avec beaucoup d’application.

Alors que débute sa vingt et unième année d’incarcération, une chose tout à fait improbable et imprévue se produit : Ed s’évade du seul endroit dont on ne s’évade pas.

Pour une seule raison. Pour une seule destinée. La vengeance.

Cependant, il est un fait incontestable qu’aucune entreprise de haine, ou d’amour, ne se déroule jamais comme on le désire. Une espèce de grain de sable vient toujours enrailler les machinations les plus complexes, surtout quand elle est semée par des créatures plus insolites les unes que les autres.




Ce bouquin, j’ai bien failli passer à côté. C’est mon mari qui, connaissant mes goûts, m’a fait remarquer que je pourrais éventuellement être intéressée par celui-ci… La quatrième de couverture était plutôt obscure à mes yeux mais j'ai « zyeuté » quelques lignes du prologue et j'ai craqué sur le style... et la couverture.
Je le dis d’emblée, avant d’ouvrir ce livre, je ne savais pas qu’il s’agissait d’une réécriture de l’histoire du Compte de Montecarlo, d’Alexandre Dumas, je ne la connais pas d’ailleurs... J’ai pourtant suivi un cursus littéraire, et avec application, mais je n’ai jamais eu l’occasion, ni l’obligation, de le lire.
Alors j’ai lu ce roman (Le roi sombre), comme si c’était une histoire originale. Ça me semblait important de le préciser avant d’en parler plus en détail.

Le style est très singulier, particulièrement addictif. Le récit est au passé et à la troisième personne. La plume de l’auteure est riche, cynique et acerbe. Mais elle sait dépeindre tantôt le sournois et le sombre, tantôt le magnifique et le divin. C’était très impressionnant et dès les premières pages, avant même la fin du prologue, j’avais déjà les deux pieds dedans, et pas qu’un peu.

Nous suivons donc Ed Noxx, le personnage principal de cette histoire, un jeune étudiant brillant, drôle, fiancée à une jeune femme issue de la bourgeoisie locale, et faisant partie d’un cercle d’amis puissants et intelligents. Il aime : jouer avec les mots, se démarquer par son intelligence et sa passion, et Messaline (sa bourgeoise de fiancée). Au début du roman, c’est presque encore un enfant, ne rêvant que d’une chose : aller sur travailler sur Ixion. Mais très vite, les évènements se bousculent et Ed est enfermé sur IF (Ikaros Filaki) : une prison qui ressemble à un cercueil, où les prisonniers n’ont aucun contact avec qui que ce soit, pas même les surveillants, et où le taux de suicide est, en conséquence, très élevé. Ed va irrémédiablement changer durant son incarcération, pour le plus grand bonheur du lecteur. Voir la transformation d’un être aussi naïf et innocent, en une « créature » froide, calculatrice et assoiffée de vengeance, c’est vraiment quelque chose !
C’est définitivement un personnage attachant, même dans ses traits les plus extrêmes. Il garde toujours un certain sens de l’humour et du jeu de mot, tout en étant dans la retenue et la patience. Un des meilleurs personnages que j’ai eu l’occasion, et l’honneur, de suivre.
Mais là où on frise hystériquement la perfection, c’est quand on mélange Ed avec :
— Jatalan, un ancien pirate de l’espace, avec un certain sens de l’honneur et qui passe son temps à jurer comme un charretier. Il va devenir le bras droit d’Ed et aussi, par la force des choses, lui faire prendre conscience de ses actes.
— Kajal, un autre homme de main d’Ed, que ce dernier a sauvé in extremis d’une mort certaine suite à un procès joué d’avance. Kajal est plutôt calme et pragmatique. Tout le contraire, ou presque, de Jatalan. Les échanges entre les deux sont d’ailleurs mémorables.
Ces trois compères forment un trio surprenant mais qui fonctionne divinement bien. L’alchimie entre ces personnages est palpable et absolument parfaite pour moi. C’était magique, j’en redemande. J’ai l’impression d’être un vampire qui n’a pas bu de sang humain depuis longtemps, j’en REDEMANDE !
J’ai parlé essentiellement de ce trio, qui m’a marquée à un point pratiquement indéfinissable, mais il y a toute une ribambelle de personnages dans ce roman qui sont également mémorables, par leur noirceur comme par leur pureté et je ne voudrais pas trop en dévoiler. Car si je continue à m’épancher comme ça, je vais finir par tout raconter et ce serait terrible. D’autant que l’intrigue est très bien ficelée.

C’est une histoire tout à fait surprenante, qui sait prendre son temps sans être contemplative.
J’ai adoré le déroulement de la trame principale, et je n’ai rien à redire. C’était fantastique.
L’histoire est excellente. L’univers décrit est riche et cohérent. Il y a beaucoup de descriptions et d’explications. Dans certains romans, ça vient souvent casser l’action, mais ici, l’univers est si intriguant et attirant qu’on ne s’en lasse pas et arrivée à la fin, j’étais comme un gros bébé en mode caprice. J’en voulais encore.
Et puis cette fin, elle est soignée, travaillée, complète, ouverte.
J’étais bouleversée, sciée et frustrée. Mais tout ça dans le bon sens du terme.



— Un univers de science-fiction riche mais accessible.

— Des personnages incroyablement attachants, même les vilains.

— Un trame parfaite, un récit rythmé et magnifique.

— Une plume délicate et acerbe.

— Une couverture magnifique.


Un roman que je ne risque pas d’oublier, par sa profondeur et son originalité, sans parler de cet univers et de ces personnages…

Ahhhh….

*Râle d’agonie*

Je ressors totalement chamboulée par cette lecture, qui m’a prise aux tripes, si je puis dire.
Je ne sais pas si j’aurais autant apprécié cette lecture en ayant lu au préalable le livre de Dumas, mais ne comptez pas sur moi pour bouder mon plaisir.
Je vous le conseille, que vous ayez lu ou non l’œuvre originale dont il est inspiré, ce roman vaut très largement le détour !



Vous comprenez à quel point j’ai aimé maintenant ?



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