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30 mai 2016

Critique #72 : Le guerrier — Deux princes côte à côte dans la bataille


Le guerrier
(Prince captif #2)

C. S. PACAT

Milady, 3 Juin 2015

Amazon / Booknode


Alors que leurs royaumes sont sur le point d'entrer en guerre, Damen et son nouveau maître, le prince Laurent, doivent échanger les intrigues de palais contre la violence ouverte des champs de bataille. Mais alors que la fragile confiance entre les deux hommes se renforce, les secrets de leurs passés risquent de leur porter un coup fatal...




Attention : Comme pour toutes les critiques de suite, les paragraphes qui suivent peuvent comporter des spoilers, uniquement pour les personnes n'ayant pas lu le premier tome. Pour les autres, pas de panique, je n'ai rien mis de compromettant.

J’ai découvert un genre avec cette série et j’ai terminé le premier tome avec des étoiles dans les yeux. Alors j’ai enchainé aussitôt sur le second livre, et chose assez rare, c’est encore mieux que le premier tome !

On m’a récemment offert la trilogie en anglais et j’ai eu l’occasion de lire les deux premiers tomes dans les deux langues. Le travail de la traductrice est merveilleux, la VO est vraiment excellente mais le texte ne perd rien de son charme en français.

Dans ce second tome, Laurent, Damen et une garnison d’hommes quittent donc le palais royal pour s’enfoncer dans le pays Veretien jusqu’à la frontière avec Vask et Akielos.
À cette occasion, Damen va prouver, à bien des reprises, qu’en plus d’être un féroce combattant c’est aussi un fin stratège bien plus habitué à commander des hommes et à parcourir des territoires ennemis que ne l’est Laurent. L’évolution de la mentalité de Damen était déjà perceptible dans le premier tome, mais on assiste ici à un changement bien plus concret et plus important, parce que Damen ne joue pas, il est franc et non calculateur, plus le temps passe et plus il se rend compte que son destin est irrémédiablement lié à celui du Prince de Vere. S’il veut retrouver son trône, il doit d’abord se défaire de ses ennemis en face… J’aime beaucoup son évolution, elle se fait progressivement et avec pertinence. C’est un personnage très attachant, probablement le plus sensible de tous sans que ce ne soit jamais trop stéréotypé.
Quant à Laurent, il m’a beaucoup surprise dans ce tome.
Je me doutais que la cassure serait plus brutale avec lui, parce que même s’il a déjà participé à des guerres et qu’il est loin d’être bête, il est resté longtemps confiné dans les intrigues de la cour royale et ne sait clairement pas s’y prendre avec son régiment. Non pas qu’il n’en ait pas les capacités, mais il sous-estime grandement ses actions et parfois même, ses inactions. Bon gré mal gré, il va entendre les arguments de Damen et devenir le chef d’une armée respectable, en plus de gagner la confiance de ses hommes.
La relation entre les deux va également considérablement évoluer. C’est difficile à décrire, mais pour résumer, c’était parfait. Ça ne part franchement pas dans une bonne direction, et on ne peut que s’attendre à ce que ça se termine en effusion de sang, mais malgré tout, ce livre m’a offert une des plus belles scènes que j’ai jamais lues, intimiste, pudique, charnelle et sensuelle. En même temps, je n’ai lu que très peu de livres avec ce type de passage, donc mes éléments de comparaison sont peu nombreux et faibles, mais quand même, j’ai trouvé ça très beau, absolument pas cliché et avec une telle tension que j’ai retenu mon souffle tout du long.
Autour de Damen et de Laurent commence à se former un noyau dur de personnages secondaires récurrents, tantôt fiables, tantôt traîtres, parce que ce sont avant tout des hommes du Régent, et que la loyauté est plus forte que la vérité, mais ici aussi, l’histoire va prendre un tournant tel qu’en arrivant à la fin du livre, j’étais toujours en train de me demander à quel personnage je pouvais faire confiance. La trahison et les mensonges sont monnaie courante et il est encore difficile d’en voir la finalité.

Comme je le disais au début, la qualité de ce roman est bien meilleure, selon moi, que le premier tome, qui était pourtant déjà très bon. Cette suite est rythmée, de par les déplacements dans une région encore inconnue pour le lecteur, de par les retournements de situations qui sont nombreux et qui font s’envoler toutes les certitudes, de par la relation en dents de scie entre les deux princes…
C’est une lecture sans repos, haletante, dans laquelle on découvre réellement Vere, son territoire, ses anciennes batailles, ses alliés historiques et les tribus avec lesquelles la nation est… familière. C’était très agréable de sortir du carcan du palais et de fouler les terres Veretiennes. Et j’ai également apprécié les petites notes d’humour ici et là, qui viennent alléger un peu les tensions et qui permettent à certains personnages de montrer un autre visage.
La fin est à l’image de celle du premier tome, à vif et dans l’expectative. On n’a qu’une envie, c’est de se ruer sur le dernier tome, qui sort en Juillet… Ah ah !



— En quittant la capitale de Vere et ses mœurs particulières, le récit s’adoucit, juste un peu (juste assez).

— Damen / Laurent, pour le meilleur et pour le pire.

— Belle performance de certains personnages secondaires, très crédibles.

— Un récit dans l’ensemble plus rythmé, plus tendu, plus beau et plus sombre.


J’avais quelques appréhensions en ouvrant ce deuxième tome parce que j’avais peur que ce ne soit tout simplement pas aussi bon que le premier, ou que l’auteure fasse des choix… faciles.
Que nenni !
Ce livre est la digne suite de son prédécesseur, et il dévoile un peu plus nos héros dans toute leur profondeur et leur complexité. J’ai vraiment eu l’impression d’y être, tant tout est fait pour propulser le lecteur dans ce royaume divisé par les guerres, les meurtres, les trahisons et les alliances d’un jour, avec en son centre, deux princes qui pourraient tout faire basculer, dans un sens comme dans l’autre…
Avec tout ça, je ne voyais pas comment j’allais pouvoir attendre jusqu’à Juillet pour la fin, mais avec le troisième tome en anglais sur mes étagères… je n’ai plus qu’à tendre la main et à voir comme C. S. Pacat a choisi de conclure sa série.



Loin devant le premier, qui était déjà excellent



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