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6 juin 2016

Critique #74 : Le joyau — Ce n'est pourtant pas une pépite


Le joyau
(Le joyau #1)

AMY EWING

Robert Laffont, 18 Septembre 2014

Amazon / Booknode


Le Joyau, haut lieu et coeur de la cité solitaire, représente la richesse, la beauté, la royauté.
Mais pour une jeune fille pauvre comme Violet Lasting, le Joyau est avant tout synonyme de servitude. Et pas n'importe laquelle : Violet a été formée pour devenir Mère-Porteuse. Car dans le Joyau, le vrai luxe est la descendance...
Achetée lors de la Vente aux Enchères par la Duchesse du Lac, Violet – le lot 197, son nom officiel – va rapidement découvrir la réalité brutale qui se cache derrière l'étincelante façade du Joyau. S'exercer à la cruauté, à la trahison et aux coups bas est la distraction favorite de la noblesse. Violet doit accepter son sort et tâcher de rester en vie.
C'est pourtant dans ce sinistre quotidien qu'elle tombe amoureuse d'un séduisant garçon, loué pour servir de compagnon à la nièce aigrie de la Duchesse. Cette relation interdite vaudra aux jeunes amants d'affronter les plus grands des dangers...




Voilà un livre qui prend la poussière dans ma PAL depuis un long moment, et dont, je l’admets, je voulais me débarrasser parce que je ne me sentais pas l’envie de le lire. Il y a quelque chose dans le thème qui ne m’emballe pas plus que ça. Mais au final, et comme d’habitude, j’ai changé d’avis et me suis décidée à le lire. Puisque, après tout, il est là.

Le style de l’auteur est simple et efficace, on découvre un texte au présent à la première personne. Ça se lit vraiment facilement et les descriptions ne sont pas surchargées inutilement. Un bon point pour moi.

Violet est une héroïne assez classique, studieuse et têtue, mais aussi particulièrement naïve. Elle vient d’une famille pauvre mais en a été extirpée dans sa jeunesse pour être élevée comme Mère Porteuse. Outre le fait que ce terme m’arrache des frissons de désapprobation, et c’est un euphémisme, j’ai trouvé au début que l’éducation de Violet était… étrange, avec des aspects surprenants, mais qui trouvent une logique après un certain point du roman. Pardon, c’est vague, mais je ne voulais pas non plus trop en dévoiler. J’ai eu du mal à comprendre au début, puis c’est devenu plus clair par la suite.
Violet est aussi une jeune femme très amicale et altruiste, elle s’est très vite liée d’amitié avec d’autres jeunes filles pendant son éducation mais ces autres Mères porteuses sont assez peu présentes, je ne sais pas si c’est vraiment une bonne ou une mauvaise chose dans la mesure où les caractères sont malheureusement interchangeables.
On rencontre rapidement la Duchesse du Lac, la « propriétaire » de Violet. Une femme aigrie et sadique, qui va très vite mettre notre héroïne au pas. Un personnage que je trouve intéressant parce que plus profond qu’il n’y paraît. Il y aussi Annabelle, la femme de chambre muette, sympathique et qui amène un peu de peps.
Et je finirais par Ash, l’unique (à un ou deux détails près) élément masculin de ce roman et aussi probablement le personnage le plus fade… C’est dommage, parce que l’idée de ce personnage est plutôt sympa, voire même originale, mais il n’a pas beaucoup de personnalité. L’amourette est facile, consensuelle et m’a presque fait rire. C’est vite expédié, bim bam boum, à coups de baguette magique. Ça n’aide pas à s’attacher à ce brave Ash, qui aurait pourtant plus à offrir que… ses services. Je suppose que sa participation dans la suite va évoluer, mais en attendant, c’est très insuffisant.

L’histoire est très linéaire et manque de rebondissements qui auraient pu pimenter des phases parfois trèèèèès longues et trèèèèès monotones.
Comme on pourrait s’y attendre avec un thème mettant en avant des Mères Porteuses contraintes, les choses ne se passent pas en douceur, mais je m’attendais à ce que ça se corse bien plus tôt, et non pas… à la fin.
On obtient finalement assez peu d’informations sur l’univers et ça aurait mérité un peu plus d’enrobage, surtout pour un premier tome. J’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire parce qu’il me manquait des points de repère contextuels.
J’aurais également apprécié des personnages moins stéréotypés (tous sans exception) et un cliffhanger moins prévisible à la fin. Parce que oui, la fin est très prévisible et ça rend le personnage concerné encore plus ridicule à mes yeux.



— La fin est prévisible, certes, mais elle va dans le bon sens.

— Un univers qui manque de détails, et trop féminin.

— Des personnages trop lisses.

— Une romance bâclée, simpliste et qui manque de reliefs.

— Un récit globalement trop linéaire.


En conclusion, je dirais que c’est une histoire qui a du potentiel, mais que ce premier tome ne l’exploite absolument pas et se contente de proposer un récit plat, avec des personnages creux et une dynamique plus que monotone. Et si vous misez sur la romance, passez votre chemin, parce qu’elle est vraiment insipide. En plus, j’ai comme l’impression qu’il y a un triangle amoureux qui se profile… mais bon, c’est juste une impression et il n’y a rien de tel en l’état. C’est plus un mauvais pressentiment qu’autre chose.
La fin a légèrement attisé ma curiosité mais je ne me vois pas investir d’avantage, peut-être un emprunt, ça reste à voir.



Pourquoi pas… dans l’espoir d’une suite plus riche



3 commentaires:

  1. Ce livre m'intéresse depuis un moment, mais ta chronique vient de me refroidir. J'ai entendu (ou plutôt lu) tellement d'avis différents sur ce livre que j'en viens à hésiter à me lancer dans cette lecture de peur d'être déçue...

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    1. J'avoue que je ne partais pas d'un bon sentiment, mais malgré tout, toutes mes craintes se sont avérées fondées. Ça aurait pu être beaucoup mieux si l'idée de départ avait été traitée de façon plus aboutie, plus sombre aussi. Là, selon moi, ça reste trop superficiel...

      En tout cas, si tu craques finalement, n'hésite à revenir me voir pour en parler ! ;-)

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  2. Aie =/ Il me tentait bien celui-ci, mais ton avis me refroidi. Je verrai bien ^^

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