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29 juin 2016

Critique #80 : Le sang des elfes — Cours, Ciri, Cours...


Le sang des elfes
(Sorceleur #3)

ANDRZEJ SAPKOWSKI

Milady, 26 août 2011

Amazon / Booknode


Le royaume de Cintra a été entièrement détruit. Seule la petite princesse Ciri a survécu. Alors qu’elle tente de fuir la capitale, elle croise le chemin de Geralt de Riv. Pressentant chez l’enfant des dons exceptionnels, il la conduit à Kaer Morhen, l’antre des sorceleurs. Initiée aux arts magiques, Ciri y révèle bien vite sa véritable nature et l’ampleur de ses pouvoirs. Mais la princesse est en danger. Un mystérieux sorcier est à sa recherche. Il est prêt à tout pour s’emparer d’elle et n’hésitera pas à menacer les amis du sorceleur pour arriver à ses fins…




J’arrive enfin à ce premier tome de l’histoire du Sorceleur et de sa petite princesse providentielle. Du coup, avec la lecture des nouvelles, c’est tout de suite beaucoup plus compréhensible pour moi. Parce que rentrer dans cette série sans avoir au préalable lu les nouvelles peut être vraiment très compliqué. D’autant plus que c’est une série dense.

Cintra est en flammes, Ciri s’échappe de justesse et est retrouvée par Geralt. Conscient des pouvoirs magiques extraordinaires de la fillette, il la ramène alors à Kaer Morhen pour l’élever comme un apprenti sorceleur…

C’est très agréable de retrouver Geralt et Ciri, ensemble.
Cette gamine est une vraie peste, boudeuse, râleuse, se conduisant comme un vrai garçon manqué… mais sa naïveté et son innocence la rendent attachante. Et puis l’initiation de Geralt a de quoi faire sourire. Parce que la patience du sorceleur atteint assez rapidement ses limites et que les engueulades vont bon train. Cette petite le pousse à bout et c’est très amusant à voir. La relation entre les deux prend clairement une tournure père/fille très touchante, qui rend forcément les personnages encore plus attachants.
Comme toujours, on retrouve aux côtés de Géralt l’imperturbable troubadour chaud lapin Jaskier, et la très puissante et très envoûtante magicienne Yennefer. J’ai fini par me faire à sa présence, non sans mal. (Cf. mes critiques sur les nouvelles accessibles en bas de page.) Yennefer vient à côtoyer la petite Ciri dans le cadre de sa formation à la magie. Et avec ces deux-là, ça fait des étincelles. Encore une fois, on ne peut que s’amuser de la relation entre ses deux personnages. Yennefer se comporte comme une vipère, fidèle à elle-même, et Ciri le lui rend bien. Ha ha !
On découvre aussi un peu plus Triss, une autre magicienne, puissante, amie de Yennefer. Elle a eu une relation plus ou moins compliquée avec Geralt et, alors que ce dernier fait appel à elle pour aider et éduquer Ciri, les tensions entre les deux anciens amants plombent l’ambiance, pour parler franchement. Bon, en même temps, on ne s’attend pas vraiment à ce qu’un sorceleur puisse, eh bien, être heureux en amour…
Au fur et à mesure qu’on comprend à quel point Ciri est précieuse et que son destin semble être lié à quelque chose qui dépasse de loin nos héros, on rencontre d’autres personnages au rôle pour le moment assez obscur, comme l’empereur Nilfgaardien : Emhyr var Emreis ou le magicien engagé justement par l’empereur pour retrouver la fillette, Rience. Mais il y a vraiment beaucoup de personnages qui font leur apparition dans ce tome et j’ai eu un peu l’impression d’être enfouie sous les personnalités, les rivalités et les haines cordiales.

Ce premier tome nous dévoile pas mal de choses sur l’entraînement pratique des jeunes sorceleurs, puisque Ciri le suit, avec, cela dit, quelques petits aménagements.
Encore une fois, le récit est parsemé de passages assez drôles et à l’opposé, de passages très tendus et très sombres.
On trouve au début de chaque chapitre des extraits de livres, de biographies, des dictons et des citations… et je trouve que ça vient encore plus renforcer l’immersion, et je me suis dit au passage que l’auteur avait une incroyable imagination, parce qu’il a vraiment créé tout un monde… et c’est… énorme.
Ici, il se passe finalement assez peu de choses, et on assiste à des dialogues d’une longueur épique, certains plus intéressants que d’autres, mais globalement, j’ai beaucoup apprécié ce livre, ce n’est pas dérangeant d’avoir peu d’action. L’intrigue principale de la série se met en place, et ça demande beaucoup de préparatifs en fait…
J’ai, toutefois, regretté les écarts temporels entre les chapitres, le fait que certains évènements soient juste vaguement mentionnés, alors que, selon moi, ils devraient vraiment être racontés plus en détails, surtout que l’auteur aime jouer avec les narrateurs, les dialogues et les phases de retour dans le passé, tout comme les bonds en avant…



— Ah ! c’est enfin le début de l’aventure !

— Les phases à Kaer Morhen, avec Ciri, Geralt, Vesemir et les autres…

— La relation Geralt/Ciri.

— Les pions se mettent en place tout doucement.

— Une dynamique légèrement bancale.

— Pas de carte ? C’est terrible lorsqu’on l’on est perdu dans les descriptions qui nous balancent du « nord, sud, est, ouest » à tout bout de champ. Obligé donc de se rediriger vers une carte du Jeu vidéo…


J’adore cet univers, j’adore Geralt, Ciri, et tout particulièrement Jaskier. J’aime les conspirations, les intrigues de cours royales, les espions, les magiciennes, les combats épiques, les guerres, les créatures magiques… C’est une histoire qui ne cesse de me surprendre, par sa richesse, par sa complexité et par ses personnages.
Ça fait encore pas mal à assimiler mais j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre, et j’enchaîne sur la suite sans plus tarder.



Vendu avec des boissons énergisantes et des cahiers, pour prendre des notes… ^^



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