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5 juillet 2016

Critique #81 : Le temps du mépris — La Traque commence...


Le temps du mépris
(Sorceleur #4)

ANDRZEJ SAPKOWSKI

Milady, 26 septembre 2011

Amazon / Booknode


L'heure n'est plus à l'entente cordiale entre les rois et les magiciens.

Dans le pays du sorceleur, quelque chose se trame, qui va tourner au drame. La jeune Ciri, élevée pour devenir sorceleuse. se retrouve au coeur des rivalités. Qu'attend-on d'elle ? Quelle est sa destinée ? L'assemblée générale des magiciens dévoilera les intrigues et révélera les traîtres. Qu'adviendra-t-il de Ciri, objet de toutes les convoitises ? Geralt de Riv, désormais lié à cette enfant comme un père à sa fille, sera-t-il capable de la sauver ?




Attention : Comme pour toutes les critiques de suite, les paragraphes qui suivent peuvent comporter des spoilers, uniquement pour les personnes n'ayant pas lu le tome précédent. Pour les autres, pas de panique, je n'ai rien mis de compromettant.

Après avoir lu les nouvelles qui mettaient vraiment l’eau à la bouche, et enchaîné sur le premier roman de la saga : « Le sang des elfes », je ne pouvais pas résister à l’envie de lire la suite. Je me suis tellement attachée aux personnages que je redoute le moindre tournant dans l’histoire… aïe aïe aïe…

Geralt est à la recherche des personnes qui en ont après Ciri, et de son côté, Yennefer entend bien parfaire l’éducation magique de la petite en l’amenant directement aux magiciennes…

Niveau personnage, c’est encore plus brouillon dans ce tome. Parce qu’on fait la rencontre de nombreux magiciens, entre autres, et il faut arriver à jongler d’une tête à une autre sans perdre le fil des événements ni celui de la conversation en cours… chose pour laquelle j’ai eu beaucoup de difficultés.
Dans cette suite, Geralt fait beaucoup moins le fanfaron, d’abord parce que notre ami le troubadour pervers Jaskier n’est pas là pour l’entraîner dans ses magouilles, mais aussi parce que Geralt veut protéger Ciri, et surtout son avenir… Et qu’il remue ciel et terre pour ça.
Cette dernière se montre toujours aussi entêtée et incontrôlable. Même si les mois et les années finissent fatalement par suivre leur cours, Ciri reste encore dans l’enfance, un peu dans l’innocence et en plein âge ingrat… ça c’est sûr. Elle est exaspérante et en même temps, j’ai eu l’impression qu’elle commençait sérieusement à paniquer parce qu’elle voyait que son avenir lui échappait… (Et j’ai souri devant les efforts qu’elle faisait pour essayer de réunir nos deux amants maudits…)
Yennefer est toujours ses sur talons, à lui dire quoi faire, comment le faire, quoi dire et même quoi penser… c’est un peu étouffant, autant pour la petite que pour le lecteur je trouve. Mais c’est une caractéristique importante de la relation qui s’est nouée, mine de rien, entre les deux femmes.
Et là, c’est le drame, enfin, pour mon pauvre cerveau. Puisque j’ai rencontré tous les charmants collègues et camarades magiciens de Yennefer. J’en connaissais certains des tomes précédents mais pour les autres, il faut vite, vite, vite les retenir et bien comprendre qui est allié avec qui, ou ne l’est pas. Alliances et Concurrences qui vont d’ailleurs voler en éclat à partir d’un certain point que j’appellerai l’instant T, l’instant où tout part en vrille. Toutefois, ces personnages sont intéressants, hauts en couleurs et avec des personnalités propres. Donc on reste charmé.
Et dans tout cet éventail de mages, on fait aussi la découverte de la Traque Sauvage, qui s’apparente à s’y méprendre aux fameux Nazgûls du Seigneur des anneaux : des spectres squelettiques vêtus d’armures portés par des montures tout aussi spectrales. (Il me semble, pour les connaisseurs, que dans le Jeu vidéo, c’est la Chasse Sauvage, choix de traduction…)
Cela dit, ces gentils cavaliers de la mort n’apparaissent qu’un très court instant et c’est bien dommage, je n’aurais pas dit non à plus de scènes avec ces créatures d’un autre monde…

Dans l’ensemble, j’ai apprécié ma lecture, et je l’ai lu pratiquement d’une traite. Cela dit, il y a pour moi certains points qui viennent vraiment casser la dynamique du récit.
D’abord, le début est très long, je dirais que pendant le premier tiers, ça n’avance pas des masses et le lecteur est rapidement noyé sous les dialogues pas toujours pertinents ou tout du moins, répétitifs.
Pour autant, le récit devient beaucoup plus palpitant par la suite et là, j’ai vraiment accroché.
Et puis rebelote, j’ai été à nouveau larguée dans un passage très morcelé. On change constamment de point de vue dans un moment où l’action est assez chaotique. Bon, il faut dire que je l’ai lu très tard, ça ne m’a pas aidée… ^^
Mais même si j’apprécie les tours de passe-passe de l’auteur, j’aurais vraiment aimé que cette partie-là, très importante, soit juste un peu moins confuse. Je sais que c’est précisément fait pour appuyer l’aspect confus des évènements, mais malgré tout, j’ai eu du mal. J’ai pédalé…
Bon après, il se passe énormément de choses, des combats, des trahisons, des coups bas… des choses parfaitement imprévisibles et d’autres beaucoup moins, mais j’ai eu ma dose de suspense et de « wahou ! ».
La fin m’a cependant laissée perplexe.



— Même si le démarrage était un peu long, le reste est très bon, très très bon.

— On sent clairement le changement de ton dans le récit, c’est un tome beaucoup plus sombre et funeste.

— Une fluidité de lecture en dents de scie.

— Je suis quelque peu dubitative sur les choix faits autour du personnage de Ciri…


J’ai vraiment été ballottée par ce roman.
J’ai aimé ma lecture, c’est sûr. Mais en même temps, je regrette une certaine lenteur au début du tome, et aussi certains passages trop chaotiques pour être visuels. Je suis plutôt emballée par la direction dans laquelle se dirige l’histoire mais je reste sceptique sur Ciri, qui part dans un chemin dans lequel je ne la voyais pas… Mais bon, pourquoi pas ? À voir dans la suite. Je me suis extirpée tant bien que mal de l’avalanche de personnages (certes, intéressants et intrigants) et c’est compliqué d’en parler sans spoiler, mais disons que… j’aimerais vraiment revenir sur Geralt au prochain tome.
Je suis partagée sur la note à mettre, j’attribuerais bien trois étoiles parce que le livre a des défauts importants qui en rebuteraient plus d’un, mais en même temps, c’était assez finement joué… Bon, va pour :



Marque un tournant dans l’histoire



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