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28 juillet 2016

Critique #86 : Witch Hunter — Tel est pris qui croyait prendre


Witch Hunter
(Witch Hunter #1)

VIRGINIA BOECKER

Pocket Jeunesse, 16 Juin 2016

Amazon / Booknode


Elizabeth Grey, seize ans, est une redoutable chasseuse de sorciers. Mais un jour, elle-même est arrêtée pour sorcellerie ! En prison, elle reçoit la visite de Nicholas Perevil, qu'elle traque depuis toujours. Il lui propose un étrange marché : si elle parvient à déjouer la malédiction qui pèse sur lui, elle sera libérée.
Au fil de ses macabres découvertes, tout ce qu'Elizabeth tenait pour évident est remis en question : le bien et le mal, les amis et les ennemis, l'amour et la haine... la vie et la mort !




J’avais sélectionné « Witch Hunter » parce que le résumé me faisait très envie, confortée par les commentaires positifs qui fleurissaient à droite et à gauche. Mais j’ai vite déchanté et j’ai fini par abandonner ma lecture. Je n’ai pas fait ça sur un coup de tête, du moins, j’ai essayé de me donner du temps, quelques jours pour être précise, avant de décider si oui ou non j’arrêtais ma lecture. Mais je ne peux pas me forcer, certains points sont pour moi rédhibitoires. Attention, une fois n’est pas coutume, je risque de spoiler méchamment le début du roman, pour celles et ceux qui souhaiteraient se préserver, allez directement à la partie « Pour résumer ».

D’abord, je trouve que la plume de l’auteure est vraiment très… simpliste. Le texte est au présent, à la première personne. On suit Elizabeth, qui nous raconte ses mésaventures. Selon moi, le texte est trop fade, et dénué du moindre esthétisme. Après avoir lu récemment des livres au style plus soutenu et plus riche, j’ai vraiment eu du mal à rentrer dans celui-ci… C’est presque trop… détaché. En tout cas pour ce que j’en ai lu, c’est-à-dire : une généreuse moitié.

Elizabeth est une jeune fille de 16 ans, une Chasseuse de sorciers hors pair ; zélée, têtue et impulsive. Son tempérament de machine à tuer du sorcier et autre figure utilisant la magie contraste énormément avec sa stature frêle et chétive. Je m’attendais à un personnage avec plus de sang-froid, mais non, au contraire, son impulsivité lui joue de nombreux tours et elle agit même parfois à l’encontre de tout bon sens. Elle se comporte littéralement comme une gamine, incohérente et stupide. C’est ce point qui m’a particulièrement déçue. Dès le début, ses pensées et ses actes ne sont pas spécialement raccords, mais ça devient encore plus laborieux quand elle rencontre Nicholas Perevil et sa clique… Là, j’ai complètement lâché.
J’ai fait une pause de plusieurs jours, puis j’ai repris, et lu deux autres chapitres avant de refermer le bouquin pour de bon.
J’ai trouvé ça vraiment bête quand j’ai découvert la raison pour laquelle Elizabeth était devenue une Chasseuse, du moins, celui qui l’a inspirée. Ce cher Caleb. Ça m’a fait sourire, mais j’aurais aimé quelque chose d’un peu plus sérieux. C’est déjà difficile d’imaginer une petite chose « mignonne » (pour reprendre les mots du roman) trancher la gorge de sorciers, mais de découvrir qu’elle le fait juste pour les beaux yeux d’un type qui la considère, au mieux, comme une petite sœur… À mes yeux, ça lui a enlevé les derniers soupçons de crédibilité qu’elle pouvait avoir. Ne la prenant plus au sérieux, c’est devenu très difficile de continuer ma lecture.
Caleb, qu’on ne voit que très peu dans la première moitié du livre, est bien plus crédible ! Et pareil pour Perevil et ses tiers ! Bon, ça reste truffé de clichés et de stéréotypes, mais au moins, c’est plus accrocheur.

L’histoire se développe relativement vite dans la partie que j’ai lue, et sur ce point, je n’ai rien à redire. Ça aurait vraiment été catastrophique si ça avait trainé en longueur.
Pour autant, je regrette que le concept ne soit pas mieux traité, avec plus de profondeur et de noirceur. Le bûcher et les pendaisons sont traités avec une telle légèreté qu’on a du mal à en saisir la véritable horreur. Et ce n’est pas Elizabeth qui aide…
Réponse type de l’intéressée : « Oui. Non. Je ne sais pas. », à plusieurs reprises.



Un texte simpliste, sans grande recherche. Un concept exploité du bout du doigt. On pend des gens et on les brûle sur un bûcher, parfois même alors qu’ils sont innocents, alors on s’attend au moins à ce que ce soit abordé avec les formes et les bons mots. C’est beaucoup trop léger, pas assez sérieux. Et puis l’héroïne est trop superficielle pour fédérer.
Et je me suis arrêtée là parce que c’est déjà trop pour moi. C'est dommage parce que ça pourrait être plus grand et plus impressionnant.



Ce n'est pas ce que j'en espérais



4 commentaires:

  1. Oh, quel dommage :( J'avais personnellement adoré, un vrai coup de coeur <3 Et l'héroïne n'est pas super en début de livre, mais il y a une évolution importante par la suite, elle devient beaucoup mieux :)

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    1. Oui, l'évolution du personnage se pressent tout à fait, mais même avec ça, je peinais à feuilleter les pages... :-/

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  2. Bonjour,
    Merci pour cette chronique franche et sincère. Mais quand çà ne veut pas, çà ne veut pas.
    A bientôt ;o)

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  3. Abandon carrément? Je vais attendre alors d'oublier ta chronique avant de me pencher dessus lol

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