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9 août 2016

Critique #91 : Brave Story vol. 1 — Un récit qui parle à tous


Brave Story vol. 1
(Brave Story #1)

MIYUKI MIYABE

Pocket Jeunesse, 16 janvier 2008

Amazon / Booknode


Wataru mène une vie ordinaire quand, soudain, son père décide de quitter la maison. Le quotidien du jeune garçon vole en éclats. Un soir qu'il pénètre dans l'immeuble voisin en construction, une lumière éblouissante en haut d'escaliers inachevés l'attire : le Grand Portail fondamental ouvre sur le monde merveilleux de Vision. Très vite, Wataru perçoit la possibilité d'aider ses parents et peut-être de changer le cours du destin. Mais pour cela il devra braver l'inconnu. En aura-t-il le courage ?




J’ai eu du mal à mettre la main sur cette trilogie, mais je n’ai pas lâché le morceau parce que ça faisait longtemps que je voulais la lire. Je n’ai jamais rien lu de Miyuki Miyabe, mais je commence à bien connaître « Brave Story » pour ses jeux et son film d’animation. Alors dès que j’ai reçu le premier tome, je m’y suis mise sans plus attendre.
Et quel récit ! Quel livre !

Le style est résolument soutenu et très riche pour un livre jeunesse, c’est vraiment très agréable. Le texte est au passé et à la troisième personne, mais centré sur le personnage de Wataru, puisque c’est son périple…

Wataru est un jeune écolier de onze ans, passionné de jeux vidéo et de mangas. Il est très amical et impulsif, mais pas franchement débrouillard ni même spécialement intelligent. Il a reçu une éducation « à l’ancienne » de la part de ses parents (on est au Japon, ce qui a une signification particulière), autrement dit : assez stricte et protectrice. Cela le rend parfois ingrat et particulièrement naïf. Mais ça reste un petit bonhomme très gentil et agréable à suivre, d’autant qu’il ne manque pas d’imagination, à défaut de bravoure…
Wataru passe tout son temps avec Katchan, son meilleur ami. Un autre écolier fana de jeux vidéo dont les parents tiennent un bar, forcément, les parents de Katchan sont beaucoup plus « cool ».
Mais le petit monde parfait de Wataru va commencer à basculer lorsqu’il va rencontrer Misturu Ashikawa.
Mitsuru arrive tout juste dans l’école de Wataru. Il vient de l’étranger, fait partie des meilleurs élèves et cultive un certain mystère autour de sa petite personne. Il est froid et hautain, mais allez savoir pourquoi… Wataru ne peut s’empêcher de se fourrer dans ses pattes, quitte à récolter de sévères réprimandes (parce que l’autre n’est pas très commode).
La famille de Wataru est également très importante, car c’est aussi le point de départ de tous les malheurs de notre héros. Akira, le père, travaille du lever au coucher du soleil, et souvent bien plus tard. Pour ceux qui ne connaissent pas la vie au Japon, il est très courant de rencontrer des employés de bureau qui travaillent toute la semaine et ne sont avec leurs familles qui le week-end, et encore… Et ici, c’est typiquement le cas. Kuniko, la mère de Wataru, est femme au foyer, et se charge d’entretenir la maison et d’élever leur fils pendant que Monsieur ramène la pitance, si je puis dire. C’est un schéma tout à fait classique et jusque-là, tout le monde s’en sortait gagnant. Mais voilà, tout bascule le jour où le père de Wataru décide de quitter sa mère. Le petit cocon protecteur dans lequel vivait le jeune garçon éclate alors…

Ah ! Je ne sais même pas par où commencer !
D’abord, et j’ai beaucoup apprécié ce point, l’auteure nous parle sans détour et avec moult détails de la vie typique japonaise. L’éducation, le couple, la famille, les amis… il y a beaucoup de choses très différentes de « chez nous » et c’était vraiment agréable d’avoir un petit bout de Japon entre les mains…
Ce premier tome plante le décor avec beaucoup de réalisme, jusqu’aux réactions de la mère de Wataru qui m’ont choquée… Il y a beaucoup de soin apporté à cette partie de l’histoire car c’est tout de même de là que tout commence, et j’ai trouvé ça vraiment très réussi. En revanche, ça englobe pratiquement tout le roman et de fait, on n’a pas beaucoup de « Vision » dans ce tome.
Vision, c’est le monde dans lequel Wataru part en quête pour changer son destin. Comme je l’ai dit, on n’en a qu’un petit bout dans ce premier livre, mais je n’ai pas trouvé ça contraignant. Au contraire, c’est toute une chaîne d’évènements qui vont pousser Wataru du côté de Vision et c’était important de bien les relater. Bon, cela dit, on apprend tout de même pas mal de choses sur ce monde magique, mais j’ai hâte d’en apprendre plus.
Peu de suspense dans ce premier tome, forcément, ce n’était pas le but, mais beaucoup de tension et de tristesse, qui vont venir acculer notre héros pour le faire sortir de sa petite bulle réconfortante et le forcer à affronter des épreuves terribles…



— L’intrigue principale et l’univers très travaillés.

— Un jeune héros attachant.

— Une tranche de vie à la japonaise.

— De grosses références à des RPGs de légende… SaGa, rien que ça…

— La cover est un assemblage d’images tirées du film d’animation, c’est sympathique mais pixélisé et du coup, le rendu n’est pas super sur le papier. Ça fait un peu cheap

— Le découpage du roman me laisse perplexe. Surtout par rapport à la fin.


Voilà une trilogie jeunesse que je recommande les yeux fermés !
Ce premier tome est très exactement ce que j’en attendais… en cent fois mieux. L’histoire de Wataru pourrait parler à n’importe qui. Le style est très soigné et je dois admettre que la VF est de très bonne qualité. J’étais derrière Wataru tout du long et je ne pouvais qu’éprouver beaucoup de sympathie et d’empathie pour ce garçon qui va devoir, par la force des choses, grandir et prendre en main son destin.



Une lecture originale qui ne m’a pas déçue



2 commentaires:

  1. C'est étonnant, d'ordinaire les éditions Pocket Jeunesse soigne leurs couvertures.. étrange =/

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    1. Je suis assez d'accord, d'ordinaire les couvertures chez Pocket Jeunesse sont jolies et bien réalisées. Là, ils ont voulu tapé du côté "dessin animé" mais avec des images de qualité inégale...

      J'ai aussi remarqué une différence très nette entre le premier tome et les deux autres au niveau du papier. Le premier tome est le plus court mais le plus épais, les pages sont denses et l'ensemble un peu... raide. Tandis que les deux autres sont un peu plus souples et plus fins, j'ai pu les lire sont trop martyriser cette pauvre reliure.
      Va savoir... ^^

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